TOM REG    "Mini-contes drolatiques et déroutants"     page 21 

 

                       

 n° 224               Le volet  ( ou  Only intended for him )

                                    -"Dis-donc, viens voir, vite, il se passe quelque chose !

                                    - C'est pas trop tôt ! Y avait un moment que...Alors c'est quoi cette fois? Et puis d'abord, est-ce qu'on voit quelque chose ?"

                                 Leitmotiv'  de l'un entraînant l'autre sans arrêt pour lui montrer quelque chose censé être sinon extraordinaire ni même vraiment intéressant mais du moins tout simplement en train d'advenir, ce qui dans leur situation au sein d'une pâleur ténébreuse et dans une sorte de trente-sixième dessous, serait déjà pas mal, ferait matière, incursion, dévoilement de quelque chose...

                                    -"C'est encore rien du tout ? Et puis si tu y vas voir par au-dessus, au moment où, les pieds tendus au sommet du tabouret pour regarder de l'autre côté,  tu crois être sur le point de distinguer vaguement effectivement quelque chose... enfin bref, dans ces cas-là, aussitôt le coup du volet qui se ferme ! "

                                 Sont-ils punis plus ou moins comme tout le monde ou ici, s'étant perdus de leur propre fait, subissent-ils les tracas d'une sorte de piège de fausse survenue des choses, d'un nouvel avatar bigornant du suaire de Turin ? Veut-on les abrutir tout à fait ? ("C'est à des fois comme un grand drap qui pend et vlan v'là le volet qui claque!") Leur faire croire qu'on s'occupe d'eux, qu'on vient les chercher, qu'on leur creuse un tunnel, plus simplement qu'on veut les aider dans leur travail très particulier de bastionnaire  ou même seulement qu'on essaie de balayer devant leur porte ?

                                  Cherche-t-on à les faire peut-être déménager d'où ils sont  par eux-mêmes ? Se muter d'office, se mutiner d'eux-mêmes et sans qu'ils s'en aperçoivent vraiment ? Enfin, de toute manière, à chaque fois que tendus au sommet de leur escabeau le nez au ras du mur ils s'apprêtent à voir quelque chose de l'autre côté où des sortes de premières ombres d'on ne sait trop quoi commencent à se différencier, le volet claque ! 

                                  -"Oui seulement justement, et en plus, tout dépend de l'endroit où ils sont et ce qu'il y a exactement, ou à peu près, de l'autre côté et où est-ce d'abord ? Ce volet existe-t-il vraiment et par qui est-il manœuvrer ? Est-il attenant au mur ?

                                  - Il n'y a pas de mur !

                                  - Ne me dites pas en revanche qu'il n'y a pas tout de même, alentour, une espèce de rambarde, ou de rampe, par dessus quoi ils auraient l'occasion si le cœur leur en dit, et de temps à autre, tout à fait librement de jeter un œil ou quoi ! A des fois ou deux !

                                  - Vous avez raison, le problème est de savoir exactement où ils se trouvent...

                                  - Combien sont-ils ?

                                  - Au début, il était seul ! Et puis les autres sont arrivés...D'autres quoi...pas nombreux... Certains ont disparu depuis, semblent être repartis...

                                  - Mais d'où pouvaient-ils venir avec toutes ces embûches sur les chemins par ici ?

                                  - C'était paraît-il une ancienne campagne viticole auparavant, il y a bien longtemps...Mais du cuvage au soutirage il n'y eut qu'un pas qui fut vite franchi...

                                  - Et tout devint vinicole...

                                  - Oui et il n'y eut plus rien ! Tout le monde avait disparu ou bien n'avait laissé vous savez que de ces petits locaux en préfabriqué, minuscules, ou on entrepose des documents pouvant passer paraît-il pour comptables ou propres à satisfaire certaines autorités... Enfin tout ça c'est du passé !

                                   - Mais à présent, il n'y a plus qu'un seul gars qui regarde par-dessus, non ?  Sur l'escabeau ou le tabouret je ne sais plus, tout droit, les pieds tendus ! Non, ils sont deux ?

                                   - Ils sont forcément deux pour pouvoir s'étonner de concert du coup prévu à leur seule intention du volet !

                                   - Il y a un vraiment un volet ?

                                   - C'est une illusion... Ils pensent toujours qu'au moment où ils vont enfin apercevoir quelque chose, au tout dernier instant cela leur sera ôté...et ils se l'ôtent eux-mêmes ! Intérieurement pour eux un volet claque !

                                   - C'est une illusion comique alors...Mais je croyais que le type était seul !

                                   - Au début oui il l'était et puis il s'est mis à marmonner, faisant croire ou bien qu'il pensait tout haut ou plutôt qu'il faisait semblant de parler à quelqu'un pour faire croire qu'il n'était plus seul...

                                   - Alors qu'il était bien toujours tout seul !  Qui aurait eu intérêt ou avantage à venir s'accrocher à ses basques ?

                                   - Moi toutes ces histoires, et n'était l'ambiance vaguement besogneuse qui règne ici des fois de temps à autre, on pourrait franchement croire à une sorte d'amusement, non ?

                                   - Oh mais j'y pense ! N'y aurait-il pas par là-bas au fond, tout au bout ou en bas, une sorte de bureau ?

                                    - Si ! Une espèce de renfoncement ténébreux d'où l'on ne sort plus guère, à supposer que ce réduit soit encore occupé ou même ne l'ait jamais été vraiment par qui que ce soit...

                                    - Mais oui, ça y est ! Je savais bien que cet endroit me disait quelque chose...J'ai demeuré moi-même par ici j'en suis sûr...Un bureau lointain, profond, isolé de tout et où je refusais d'aller au début je me souviens, et puis après, longtemps après, (à l'intérieur durant tout ce temps qu'y avais-je fait au juste?) je ne voulais plus en sortir, on a dû m'expulser ! Ouvrir ma porte d'office !

                                     - Une porte de bureau, normal qu'elle s'ouvrît ! De temps en temps ! D'office, d'office, on dit ça de la porte de tout bureau ! Mais en réalité je ne vois pas très bien de quoi il s'agit...Parfois ici les portes sont fausses... Moi-même je ne sais pas encore exactement où je suis... J'ai des progrès à faire parait-il... Ce que je sais par contre, c'est que ce soir c'est encore moi qui suis de volet !

                                     - Le volet ! Il y en avait un déjà ! Je me rappelle ! N'ayant rien à  faire sans doute ou plutôt sans compétence, j'essayais de m'accrocher, regardais par la fenêtre de ce petit local comme au bout de tout, une sorte de très haute lucarne où à peine arrivais-je à sa hauteur, me hissant je ne sais plus comment...

                                     - C'est la lucarne qui descend...

                                     - Au moment où il me semblait que j'allais apercevoir quelque chose, je ne sais même plus si ce que je voyais était vraiment à l'extérieur...

                                     - C'est vous qui vous croyiez dehors à ce moment-là mais vous ne le saviez pas...Et vous pensiez y être pour échapper ainsi à ce curieux travail dont vous vous imaginiez être tributaire !

                                     - On m'en avait parlé comme d'un attribut valorisant justement, et même ce qu'il y avait de mieux pour moi...

                                     - En plus vous étiez pistonné! Titulaire et protégé, vous n'aviez aucune chance de vous en sortir ! Et vous ne disiez rien ! Certains auraient pu vous aider à en sortir quand même...

                                     - En tout cas, dehors ou pas, sans que je pusse jamais rien voir de tangible, pourtant je sais on voit quelque chose,  à chaque fois le volet me claquait au nez !

                                     - Mais déjà à cette époque, c'était moi qui le rabattais ! Tout le temps moi,  jamais le  vent à cet endroit-là...Et pourtant je vous assure, il faut me croire, il n'y a rien, rien à voir ! Rien du tout !

                                     - Ce volet serait donc là pour faire croire qu'il y a quelque chose que l'on ne doit pas voir alors qu'il n'y a rien du tout...Oui alors c'est peut-être bien ça, vous m'avez l'air sincère...Mais je suis à présent à la retraite depuis si longtemps que cela me paraît bien lointain... Je confonds même sans doute un peu...Par exemple n'y avait-il pas aussi une sorte de rambarde par-dessus laquelle...?

                                     - On a tout fait changer...Plus rien n'est comme avant ! Tenez, dès le lendemain de votre départ, le volet a été retiré ! "

                                 Et en redescendant tranquillement, sans doute pour la dernière fois, le petit sentier menant à ce bastion alpestre de bureaux désertés, enfoui dans un creux profond de haute montagne, il comprit que le volet, ce volet intempestif destiné à suggérer l'idée d'un au-delà du lieu qui n'existe sans doute pas, avait été mis là dès le début et uniquement pour lui ! Mieux, qu'il  avait été installé le jour même de son arrivée dans ce petit local à l'écart au fin fond d'un bâtiment pourtant à moitié vide où il aura passé toute sa vie et à sa seule intention ! 

 

n° 225             L'humeur bistre ( ou  Le général ne répond pas )

                                 L'être humain "amortit" assez vite ses joies et ses peines pour tendre vers une position d'équilibre de son humeur. Comment définir cette humeur "moyenne" , "normale" en quelque sorte, où l'on n'est ni gai ni triste ?

                                 Un observateur de choix (du genre qui se choisit lui-même pour être plus sûr) s'est penché sur cette question cruciale. Mais après une longue, vaste et minutieuse étude de ses contemporains, ayant été témoin en matière d'humeur de toute la palette des possibles, depuis l'hilarité incessante jusqu'à la plus ténébreuse et persistante noirceur, notre choisi a bien dû se résoudre à admettre  qu'il lui était très difficile de constater chez quiconque et à coup sûr cette situation d'équilibre, de calme souriant,  de tranquille indifférence.

                                 Il en était à se demander s'il ne pourrait pas débusquer, ou faire naître, une sorte  de juste milieu contradictoire, sous la forme assez improbable d'une tristesse souriante ou d'une jubilation chagrine (pourtant les souris volantes existent bel et bien et les poissons-chats ne sont pas rares) lorsqu'il s'avisa qu'il était sans doute temps de faire à nouveau le bon choix en se désignant lui-même comme représentant caractéristique, pour ne pas dire unique, de cette humeur si admirable et qui chez lui en plus est constante, de cet état d'esprit tout à fait personnel, toujours égal à lui-même, qu'il n'hésite pas à considérer comme la norme de référence en la matière et s'il le faut qu'il instituera comme telle !

                                 De fait, il prononça sans tarder une grande conférence sur le sujet pour mettre les choses au point et se déclarer officiellement comme le représentant permanent de l'humeur la plus normale du monde en ce sens que non seulement son climat intérieur est le plus tempéré qui soit mais encore d'une stabilité remarquable,  que rien ne saurait perturber.

                                  Les participants à cette manifestation, ni vraiment sérieuse ni seulement grotesque non plus, n'étaient pas nombreux (le conférencier était totalement inconnu mais il avait indiqué sur son affiche sous le titre de son exposé "On a découvert l'humeur normale" la mention "Je suis unique dans mon genre" d'où sans doute ce semblant d'intérêt) mais suffisamment présents et regroupés pour s'étonner de concert (on entendait d'ailleurs parfois comme un peu de musique dehors) qu'on ait cru bon de décorer la salle avec d'énormes bouquets de roses qui pendaient ça et là mais des roses d'une drôle de teinte sombre...des roses grisâtres, bistres !

                           - "Tout de même, ces roses sont d'une couleur jaune boueuse du plus curieux effet. Je me demande, les fleurs ayant leur langage,  ce que cela peut bien signifier aux yeux de ce curieux personnage que l'on distingue à peine et qui devrait se rapprocher, venir nous voir un peu, non ?

                           -  Moi ces bouquets m'inspirent une sorte de malaise intérieur, mon humeur en est comme amoindrie, chiffonnée...

                           -  Et les pétales qui en tombent n'éclaircissent pas les choses...

                           -  Ils tombent tous sans tomber, c'est un symbole-stratagème ! C'est américain ou japonais je ne sais plus très bien... Des évangélistes utilisent cela ! 

                           - Ils ne tombent pas tous à la fois mais ils tombent tous quand même, cher ami ! Regardez bien...

                           - C'est exact, ces bouquets seront bientôt glabres ou chauves...Ils n'auront presque pas existé ! Déjà nous ne les regardons qu'à peine...

                           - Ce n'est qu'un autre effet du temps qui passe...Et je me demande si nous allons l'entendre à nouveau un jour !  Pourquoi n'a-t-il cessé de reculer petit à petit sur cette scène jusqu'à se retrouver à présent, loin du micro, tout au fond dans l'ombre à farfouiller dans ses feuilles de notes ?

                           - Et puis avec quelle fébrilité ! Il a la tremblote !

                           - Et ces saccades dans le poignet quand il s'éponge le front ! Il n'en mène pas large dirait-on...Pourtant, au début, il était clair et, maîtrisant son sujet, on a parfaitement compris son état d'esprit habituel...sa couleur d'humeur en général dans l'existence...

                           - Oui ce mi-figue, mi-raisin...moi ne m'enthousiasme pas, je préfère une couleur plus franche et surtout plus claire...Comment proposer cela comme idéal ? Il est vrai qu'il ne l'a pas fait franchement. Il semblait mal à l'aise...

                           - Oh mais regardez-le... Voici à présent qu'il range son stylo-lampe qui lui donnait cet air de lanterner !   Il revient vers nous, il va enfin peut-être cette fois vraiment nous parler ! 

                           - En attendant, z'avez vu ? Toutes les fleurs sont chauves !

                           - Le dernier pétale m'en est tombé dans la main...Mais peu importe, il a rangé tous ses papiers...Il va être à nous, enfin ! On dirait bien qu'il revient nous voir !

                           - Voyez comme sa mine a changé et comme il est calme à présent...et en même temps plus sûr de lui, presque péremptoire dans son maintien !

                            - C'est parce qu'il ne se maintient pas, il tient tout simplement ! Du reste, écoutez, il n'a plus besoin de ces roulements de tambour et de ces trompettes par quoi il avait cru devoir s'annoncer...

                            - On ne les a pas entendus car sa cassette s'est bloquée presque tout de suite...A présent, il s'apprête en silence pour une toute nouvelle péroraison...Ecoutons-le, si du moins cette fois-ci nous parvenons à entendre le son de sa voix ! Il a un accent non ?

                            - Il bégayait un peu de suffisance oui, me semble-t-il, mais non je n'ai rien distingué de tel... Il me semble à présent plutôt frais et dispos non ?

                            -  Tandis que de ses bouquets ne restent que les squelettes...

                            -  Des squelettes épineux ! Mais taisons-nous, il s'éclaircit la voix...

                            -  Pardon Mesdames et Messieurs ! Mille fois pardon ! Je croyais pourtant être venu ici bien intentionné afin de  procéder au mieux à cette sorte de sermon que je jugeais de bonne guerre sinon de bon aloi, mais voilà, la vérité m'oblige à dire que je me suis tout bonnement fourvoyé avec mon histoire d'humeur moyenne et idéale ! Cette entreprise de conférences m'apparaît même à présent comme une bien grande présomption de ma part...

                            - Et ces fleurs, c'était quoi ! Fallait y croire ?

                            - Ah messieurs-dames, laissez-moi m'expliquer je vous prie...Qu'au moins je ne sois pas venu, et même revenu, ici pour rien !

                            - Pourquoi cette loupiote tout à l'heure dans votre main, là-bas au fond ? Cette espèce de stylo !

                            - Ne me coupez pas avec des riens sans quoi je n'aurai jamais le temps de tout faire ! Donc ce rapide examen en retrait m'aura convaincu de ne même pas reprendre mes feuilles préparatoires et de m'adresser à vous enfin de vive voix, spontanément et finalement en vidant mon sac tout simplement...

                            - Qu'il s'en aille avant ! On veut la réclame nous ! Le p'tit film ! 

                            - Mes amis, mes amis, un peu de patience je vous en conjure ! Et puis ne partez pas tout de suite, j'aurai besoin d'une ultime collaboration pour le final... Je veux partir en beauté et réconcilié, débusqué à neuf ! Laissez donc vos loisirs s'enrichir du spectacle pathétique de la plus haute autodérision ! Laissez-moi faire, me défaire devant vous !

                             - Qu'il se taise, on l'entend !

                             - Je me resublimerai plus tard si vous voulez mieux, me réencoquillerai en quelque sorte... Nonobstant, j'ai encore mon mot à dire sur mon projet dûment avorté et je ne voudrais en priver qui que ce soit eu égard aux trésors d'éléments calomnifères qu'il recèle ou recèlera si jamais je lâche la bonde à mon terrible penchant !

                             - On comprend rien ! C'est le p'tit film qu'il nous faut !  "Les lingettes du bonheur" ou quelque chose ! Un produit pour je ne sais plus quoi ! La poussière je crois...Quand la ménagère ouvre sa fenêtre et se penche, on voit ses...

                             - Silence !  Il peut sans doute encore parler un moment ! Ecoutez bon sang ! Voyez, en plus il a de la peine, réellement on dirait ! Soyez chics quand même...Regardez-le au moins encore un peu !

                             - On veut notre film de réclame à la place sauf s'il dit pourquoi finalement il était venu ! Oui, malgré une telle appréhension, il avait surmonté son handicap ! D'où cette force lui vient-elle ?

                             - Oui, à quoi lui sert-elle au juste si c'est pour en arriver là! Qu'avait-il à dire exactement?

                             - Le temps d'arc-bouter mon énigme et je suis à vous !

                             - Oh ! Qui est-ce ? Qui a parlé ?...Et pourquoi a-t-on éteint ? On ne se voit plus ! Rallumez la salle, on ne le voit plus ! 

                             - Les lingettes de suite !  Les lingettes ! La réclame sur la poussière là avec la fenêtre où qu'a s'penche pour...

                             - Taisez-vous enfin, il s'est peut-être éclipsé !

                             -  Non messieurs, il est toujours là, seulement avant de rallumer il doit...Je me présente, je suis son aide, ici deux rangs derrière vous...Je voudrais vous faire comprendre qu'il cherche tout simplement à ce que vous le fassiez taire, que vous l'empêchiez de parler ! Il faut l'aider...

                             - Mais enfin, il ne réclame tout de même pas notre main sur sa bouche ! 

                             - Ah non pas du tout, du reste il n'est pas agité de convulsions sur un lit d'angoisses où on s'apprêterait à le piquer, non rien de tout cela !

                             - Nous sommes pourtant dans un cinéma ou au moins un ancien cinéma !

                             - Dont il apprécie surtout présentement la possibilité  d'y faire naître à tout instant la parfaite obscurité où nous baignons actuellement et au sein de laquelle il peut lui-même masquer une fébrilité cachottière certes un peu étrange mais de bon aloi...

                             - Si ya pas le p'tit film, nous on s'en va !

                             - Oh un peu de patience, quoi, ça va revenir !

                             - Bref, il se prépare à lâcher, compressée au maximum, réduite à deux trois lignes, dans les ultimes secondes de cette obscurité savamment dramatisée et mise mise en scène comme vous le voyez, et juste avant qu'à son signal je rallume, directement depuis le général, toute la salle, sa conférence ou ce qu'il en reste c'est à dire l'essence, la quintessence, l'essentiel du propos initialement prévu !

                             - Il parlera donc quand même !

                             - Oh  très peu de temps car sitôt la lumière revenue, il se taira tout à fait et  attendra que vous interveniez! Oui  pour s'éclipser car il ne partira que sous vos injonctions !

                             - On veut bien  élever un peu la voix, lui faire sentir une certaine réticence...

                             - Non, non, nul besoin ! Car une fois de plus comme d'habitude je préside à la toute fin des opérations et à l'emploi judicieux des éléments placés dans le décor à cet effet...Avez-vous remarqué ces bouquets de roses disposés le long des murs tout autour de la salle ?

                             - Bien sûr, finalement on ne voyait que ça  ! J'en ai encore un pétale dans la main...

                             - Parfait, les autres sont donc tous tombés, le matériel est prêt. Voici ce que vous allez faire, messieurs...Dès la lumière revenue, allez quérir sur les murs tous ces bouquets épineux et, en ayant fait une moisson complète, sans perdre un instant, approchez-vous de l'estrade où il se tiendra tout penaud et l'âme déjà bien meurtrie, et commencez à les lui envoyer sans retenue, avec force et comme dans un rythme de tous les diables !

                             - Sur ce pauvre homme qui ne nous a rien fait ?

                             - Oh oh, vous faire venir ici dans des conditions pareilles et à présent vous laisser dans le noir sans plus d'explications, vous trouvez cela naturel ?

                             - D'autant qu'il dispose d'un stylo-lampe, on l'a vu tout à l'heure dans le fond !

                             - Oui mais il s'en servait pour chercher sa monnaie car il a l'intention de vous rembourser le prix des places ou au moins une partie...Messieurs, si vous acceptez de donner ce petit coup de main salvateur pour tout le monde, de décocher ces flèches d'épines, vous obtiendrez en échange ce que vos amis d'arrière-banc tout là-bas au fond de la salle, réclament eux depuis le début, la projection du petit film sur les lingettes!

                             - Les lingettes et les nichons ! Aux rotoplos ! On veut voir ça ! On sait, on l'a déjà vu !

                             - Ce sera donc fait monsieur l'assesseur puisque vous savez prendre ces lointains amis des ténèbres pour ce qu'ils sont et les satisfaire par où il faut...Quel est le signal exactement ?

                             - Ecoutez bien messieurs, dès que sur son estrade toujours dans le noir il aura prononcé sa phrase fétiche, sa dernière :  "Avec mon humeur bistre, partout, on  m'a toujours envoyé sur les roses ! ", la lumière reviendra et vous agirez comme convenu !

                             - C'est la grande, belle et vraie réclame que nous soutenons, que nous réclamons ! On occupera les lieux... S'il le faut, on restera jusqu'au bout ! Pour voir ça jusqu'au bout ! La ménagère à sa fenêtre et tout et tout ! Dans le noir, ça nous fait pas peur ! Nous ripostons à cette obscurité imposée par notre simple présence ! Mais une présence sourde ! Nous n'écoutons pas !

                             - Ne vous en faites pas messieurs, dès la lumière revenue, ces drôles d'amis que vous semblez avoir là-bas dans l'ombre permanente de l'arrière-salle et qui eux paraissent tout simplement vous ignorer, auront tôt fait...

                              -...Et nous réclamons en même temps une cinquième saison !  Le Printiver ou l' Otonété !

                              -...auront tôt fait donc d'être subjugués par le spectacle qui va s'offrir à eux comme par magie de vos personnes cinglant de jets d'épines un pauvre égaré qui restera pourtant le protagoniste et l'organisateur de ces curieux évènements même s'il se croit obligé, dès sa sortie, de faire mine d'aller se réfugier, pourtant déjà entouré d'ombres, sous la première porte cochère !

                              - Vous savez, tous ces gens là-bas au fond c'étaient simplement au début des défenseurs de la réclame en général et puis à force d'expédients, ils ont fini par...

                              - Oui, oui, c'est ça...Ne vous en faites pas, quand la lumière sera là tout s'arrangera !                                                                                                                                                                                                                                                                                                    - Non mais je veux dire, à la longue ils se sont comme spécialisés quoi...

                              - Ça y est, écoutez bien, chutt...il se râcle un peu la gorge, il veut sa douche épineuse ! Il l'aura !

                              - Messieurs, et madame je crois... Tout ce noir, cette ténèbre enfantine,  ce n'est pas contre vous, pour vous mettre dans l'embarras ou vous être désagréable ! Non pas du tout ! Simplement pour cacher ma honte ! Ma honte de m'être finalement laissé gruger et malmener toute ma vie, croyant avoir...oui, vous avez compris...trouvé l'humeur universellement reconnue pour la meilleure car la plus au milieu! Nenni de quoiqu'on en ait dit ou foutaise et que je sois goupillé une bonne fois pour toutes si désormais je ne crache pas  le morceau concernant ce faux-semblant! Oui messieurs, et madame je crois, voici ma diatribe racheteuse que j'ai apprise par cœur forcément et que je vais  sans doute être obligé de répéter, je ne sais pas pourquoi, comme éternellement dans cette nuit qui promet peut-être de s'attarder quelque peu et de vous paraître bien longue...M'enfin, allons-y quand même !

                              - Je vais me rapprocher du tableau général, pour renvoyer le jus aussitôt et partout à la fois...

                              - Ah! messieurs, et madame je crois, méfiez-vous de cette curieuse humeur, ni gaie ni triste, comme centralisée, un coulis ni fraise ni framboise et dont j'ai fait faire une drôle de rose, la rose bistre qui est mon emblème et ma crucifixion ! Elle doit donc se configurer en couronne sur ma tête de multiples façons, la plus piquante étant la bonne, et je sais que vous savez comment on s'y prend pour me combler de la sorte à l'aide de quelques envois quelque peu urticants !  Ah oui méfiez-vous de l'humeur bistre ! Et pour que la clarté revienne vite, en nous et autour de nous, laissez-moi vous dire...Avec mon humeur bistre, partout, on ma toujours envoyé sur les roses ! ... Avec mon humeur bistre, partout, on m'a toujours envoyé sur les roses ! ...

                              - Alors ! C'est le signal ! Pourquoi il ne rallume pas ? Qu'est-ce qu'y fiche ? Il n'entend donc pas ?

                              - ... Avec mon humeur bistre, partout, on m'a toujours envoyé sur les roses ! Avec mon humeur bistre, partout, on m'a...

                              - Ah c'est vous m'sieur l'assesseur ! Vous ne rallumez pas ? Pourtant il entonne bel et bien le signal convenu...

                              - Impossible !

                              - Comment ça impossible ?

                              - Le général ne répond pas ! J'ai eu beau activer la grande manette ! Rien, plus rien du tout...

                              - Bigre, nous voilà bien ! D'autant que...

                              - ...toujours envoyé sur les roses ! Avec mon humeur bistre, partout, on m'a...

                              - ...il n'a pas l'air de vouloir s'arrêter !

                              - De vouloir ni de pouvoir, je le connais bien, on en a pour un bout de temps ! Il ne s'arrêtera pas, jamais ! C'est le cosmonaute éjecté avec son scaphandre qui tournoie sur lui-même en s'enfonçant pour l'éternité dans la nuit des temps !  C'est comme une grande contrition sans fin désormais ! C'est la vérité ! ...Attendez j'en ai pour un instant...

                              - ...Avec mon humeur bistre, partout, on m' a toujours envoyé sur les roses !  Avec mon humeur...

                              - ...Oh dites-donc!  Les amateurs de réclame dans le fond se sont endormis...comme pour toujours ! A jamais !

                              -  Comme ça au moins, ils ne risquent plus de ronfler ! Ils ronflaient toujours dès que ce n'était plus de la réclame! 

                              - En tout cas, cela m'aura évité d'avoir à leur dire que, les portes d'entrée étant je crois électriques, nous ne pouvons donc sans doute plus sortir...

                              - Vous n'allez pas quand même tenter quelque chose ?

                              - Oh si vous voulez, pour la forme, j'irai réessayer, une fois de temps en temps, de remettre le contact, de redonner un semblant de vie à tout ça, mais vous savez quand le général ne répond pas, il n'y a pas grand-chose à faire...Il n'y a plus rien à faire ! Qu'à laisser les choses en l'état, indéfiniment...

                              -...Avec mon humeur bistre, partout, on m'a toujours envoyé sur les roses ! ...Avec mon humeur bistre, partout, on m'a toujours envoyé...

                              - Monsieur l'assesseur, vous venez souvent ici ?

                              - Je ne suis pas assesseur...Au début, du temps où c'était vraiment un cinéma donc, j'étais pratiquant. J'avais fini par me faire ma place à moi, sur la gauche là. Et il fallait être culotté pour s'y assoir même en mon absence, et du reste je m'absentais rarement, toujours pris par le mystère intrinsèque attaché à cet endroit et par ces sortes de manigances qui semblaient s'y tramer, ces façons d'incessants ballets de chauve-souris autour des allées et d'une place à l'autre sans aucune marque d'intérêt pour le film projeté m'amusaient assez mais m'intriguaient tout de même, me laissaient pantois...De certaines places, trop au fond ou trop sur le côté, il était impossible de voir l'écran et elles étaient pourtant toujours occupées !  J'en voyais là-bas comme sautiller ! Je ne comprenais rien...

                              - Vous veniez d'arriver ! Vous ignoriez tout des prérogatives pipistrelles !  

          

n° 226       Le bureau ensablé  ( ou  Le fauteuil du premier jour ) 

                                  Un personnage (l'un sans l'autre) retrouve par hasard un ancien petit carnet qu'il avait égaré cela doit faire bien longtemps.     A l'intérieur, écrit comme d'une main tremblante, un nom, un seul nom...Le voilà très perplexe. Car cela ne lui rappelle rien. Ni qui que ce soit.

                                  Il faut dire qu'il ne s'agit pas d'un nom de personne (il n'écrit d'ailleurs jamais le nom de personne sur ses carnets) mais d'un nom de chose...En somme, pas d'un nom propre mais d'un nom commun, très commun. Et ne désignant pas forcément un objet mais un lieu aussi, un endroit, un enclos ou plutôt un endroit clos...Commun ou pas, ordinaire ou non, ce mot lui a pourtant posé problème au point de devoir aller ouvrir un dictionnaire !

                                  Cela venait de bure pourtant, rien d'exceptionnel donc. Cette étoffe commune dont on recouvrait jadis une table de bois brut afin d'y mieux écrire...Et puis l'ensemble a fini par être appelé tout simplement bureau ! Cela désigne également la pièce où le meuble se trouve et aussi l'ensemble des employés qui peuvent y travailler...Soit. Mais quel rapport avec lui ? En effet de près comme de loin,  s'il est un terme avec lequel il ne se sent que peu d'affinités ou se connait peu de liens voire d'intérêt, c'est bien celui-là...

                                  Pourquoi a-t-il noté ce mot et seulement ce mot sur l'entièreté de cet anti-agenda ? Parce qu'alors en matière de vocation à  vouloir envisager ou non une sorte de carrière dans des structures un tant soit peu administratives, qu'elles fussent publiques ou privées, avec maintien à demeure d'existence précisément dans un bureau, il avait à ce sujet et dès sa sortie de l'adolescence, comme pratiqué une auto-orientation professionnelle intérieure consistant à se répéter à l'envi que jamais de toute sa vie il ne pousserait la porte d'un bureau pour y exercer quelque  fonction que ce soit !  Avec tout le sable du Sahara qui l'attendait ! Et toutes ses bobines de film à utiliser, à exposer, à surexposer ! 

                                  Effectivement, comment aurait-il pu se trouver dans un tel lieu renfermé (en lui-même surtout) et nommer exclusivement cet endroit dans tout un carnet laissé par ailleurs entièrement vide et où il ne consignait strictement depuis toujours que de vagues  schémas de plans plus ou moins rapprochés de son double enfantin qu'il comptait bien, une fois qu'il l'aurait enfin trouvé en région parisienne, rencontré quelque part, dans le métro, l'autobus ou au cinéma justement, emmener avec lui aussitôt en Afrique pour le filmer apparaissant et disparaissant tour à tour, à la nuit tombante, entre les dunes rougeoyantes du Grand Erg Oriental !

                                  Mais alors, il passait tout son temps à rêver ce type me direz-vous ?  Non, pas seulement, car malgré son goût immodéré pour les eaux pétillantes, il ne touchait pas aux eaux de régime, sachant encore buller de bien d'autres manières et beaucoup plus subtiles.  Bref, ce n'était pas le genre à s'ennuyer toute sa vie dans un bureau !  Toutefois, il faut reconnaître que sa mémoire paraissait assez déficiente concernant ses tout débuts dans la vie. Et il la sentait cette mémoire, dans sa tête, et sur ce point curieusement oublieuse, un peu  comme une robe de bure en lambeaux, une guenille moyenâgeuse ! Car ce mot de bureau finalement, il aurait  très bien pu l'écrire n'importe où ! Autant dans une cafétéria à la Défense que sur un banc au Champ de Mars ou rue de Grenelle sous la porte cochère en bas de chez une amie, cette grande bourgeoise qui s'ennuyait et qu'il conduisait simplement la nuit en voiture pour la  promener dans Paris parce qu'elle avait un petit garçon en lui faisant croire qu'il serait un jour un vrai cinéaste et pour cette raison aurait besoin d'emmener son jeune fils dans des dunes très lointaines et rougeoyantes le soir...

                                  Une porte ? ...Une porte, oui c'est ça, une porte ! Oui c'est vrai cette porte à un moment, il était encore très jeune, une porte dans un couloir qui s'est ouverte légèrement devant lui alors qu'il passait tout simplement... Et il vit en s'approchant que derrière il y avait une pièce inoccupée mais où se trouvait pourtant un bureau (et voilà!) avec fauteuil et devant, une chaise...Il se souvient à présent d'être entré effectivement dans ce local, où après quelques pas hésitants il est allé s'assoir directement...dans le fauteuil !

                                  Il avait dû y rester, sans bouger, sans rien faire, un certain temps car la porte avait fini par se refermer. Et du coup il n'était pas ressorti tout de suite comme il aurait dû le faire après cette sorte de plaisanterie ou de dérision vis à vis de lui-même et de ses inclinations dans l'existence. Combien de temps était-il resté en fin de compte ? Et puis s'il en est jamais sorti pourquoi toujours et partout cette impression  d'y être encore ? Ou alors en sortant se serait-il trompé de bureau ? Croyant sortir de l'un, il serait entré dans un autre...

                                   -" Il n'a vraiment pas eu de chance ce pauvre garçon. A peine assis, sans le savoir, il a été titularisé d'office. Une sorte de rafle administrative à l'envers, sous couvert de compter les absents et ce sans le consentement ni même la présence nécessaire des intéressés. S'ils sont là tant mieux, s'ils n'y sont pas tant pis...Ils sont pris d'office et de toute manière où qu'ils puissent se trouver et même en cas d'échec à un concours !

                                   - N'importe, il n'a pas pu en fin de compte y rester globalement aussi longtemps...C'est impossible! Transformer un petit laps de temps, juste de quoi s'assoir un moment et ronfloter un peu, en une carrière entière toute échelonnée de bas en haut ?  Cela sent le subterfuge, la manigance, il avait d'autres visées et on doit pouvoir...Ses bobines ! Il ne se déplaçait jamais sans bobines, il a bien dû en  laisser une ou deux quelque part ?

                                  - Des bobines de film ? Justement, les voilà...Il les avait avec lui, en route pour un destin hypothétique dans le Sud je crois... Et elles sont la preuve que...Enfin quoi, les boîtes sont intactes, il ne s'en est jamais servi et puis voyez la date vous-même... Elles sont périmées depuis vingt ans ! 

                                  - Alors comme ça je les avais quand j'ai poussé cette porte, cela fait vingt ans et je suis toujours là ! 

                                  - Ah Ah! Oh vous savez c'est en grande partie ce genre d'endroit qui est responsable de nos incertitudes, de ces doutes qui nous assaillent. Ici nous sommes tous plus ou moins en but à ces sortilèges à un moment ou à un autre. Ne vous en faites pas trop...

                                  - Merci de votre compréhension et de votre bienveillance, monsieur l'Assesseur-adjoint...

                                  - Assesseur-Recteur à présent mais hélas bientôt Chef de Silo ! Enfin bref ...

                                  - Mes compliments et mes regrets monsieur le Directeur...

                                  - Forget it ! Ah oui à propos, étant donné finalement que vous venez seulement de réapparaître à la suite d'une sorte de disparition, il va vous falloir solliciter une entrevue avec la Direction pour au moins, à eux aussi, essayer de témoigner quelque chose, vous montrer un peu, même s'ils reçoivent de moins en moins en raison surtout de la nouvelle structure de leur installation absolument invraisemblable et du fait que tout comme avant ils ne retrouvent toujours pas leurs dossiers, ne gérant leurs affaires que de mémoire ou par ouï-dire ...

                                 -  Je voulais dire que j'avais cru bien faire en essayant de partir malgré tout...

                                 - En oubliant vos bobines !

                                 - Oui en plus, et pour un lieu particulièrement isolé, lunaire, où j'aurais très bien pu m'ensabler avec ce que cela peut malgré tout comporter, sinon de séduisant, du moins de...

                                 - Bah écoutez, au lieu d'être allé, disons-le bêtement, vous ensabler dans un désert lointain et improbable, vous vous êtes ensablé en quelque sorte dans un bureau ! Cela revient un peu au même non ?

                                 - Pas tout à fait, monsieur l'Emetteur, car un enfant devait m'accompagner vers ces dunes là-bas. Ne l'ayant pas trouvé j'ai dû différer mon départ à plusieurs reprises, ce qui explique ma présence intermittente car je le cherche toujours... Seulement ma solitude s'éternise et de plus je ne sais toujours pas s'il s'agit d'un vrai bureau...

                                 - En attendant, vu ce brusque retour de votre part, et votre bureau initial du tout début n'étant plus praticable, figurez-vous qu'il est jonché d'éboulis et de sable justement ! On y a fait un jour il y a très longtemps des travaux, je vous l'ai dit. Je dois donc vous installer, ou plutôt vous réinstaller dans un demi-jour paillé mais à mon avis vous ne perdez pas au change et vous n'avez même, vu votre avatar originel ici, qu'à vous en féliciter...

                                 - Comment cela monsieur le Conservateur Général ?

                                 - C'est un renfoncement...il n'y a pas de porte ! Et ce n'est pas un "hublot" non plus! L'excavation reste ouverte...Vous pouvez en partir quand vous voulez !

                                 - Alors dans ce cas, et comme je viens tout juste enfin de le retrouver dans un couloir, j'emménagerai dans ce nouveau local avec plaisir mais surtout avec mon fauteuil, vous savez, monsieur le Grand Collecteur Régional, mais vous savez tout, le fauteuil du premier jour!  

                                 - Ne cherchez plus !  L'enfant c'est vous ! "     

                                 

                       

n° 227             Clapoti-Clapota !  (  ou  La rue des rigoles ) 

                           Voir page 22 

                                        

 

Calepins   p.1 ( "Le Palais ou Les quinconces" )

 

 TOM REG  "Mini-contes lunaires et suburbains"

 

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